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Samedi 14 février 2009

Ah que les fleuristes et les parfumeries l'aiment, ce 14 février... Pour une vaillante flopée de compagnes et compagnons indignes, ce jour fait office de rattrapage quand, 364 jours par an, les témoignages d'amour se font aussi rares qu'une promesse de Nicolas Sarkozy tenue... Un parallèle est nécessaire avec le 8 mars, cette journée de la femme durant laquelle on essaie d'oublier que nous vivons dans une vieille société machiste, où la femme reste tout de même le meilleur ami de l'homme, surtout quand elle a bu...
Mais je m'égare. Chaque année, en janvier, on affirme haut et fort que nous ne mangerons pas de ce pain-là, que la St-Valentin n'est que fête sirupeuse, gnangnan, commerciale et dégoulinante de guimauves mauves, molles et mauvaises. Nous valons mieux que ça, fichtre! Et puis vers le 5, 10 février, la question revient, pleine de candeur, d'innocence pure comme l'agneau sodomite qui vient de naître : "Alors, on fait quelque chose ou pas pour la saint-valentin?". "Je me ferais bien un bon resto" ou "J'aimerais que tu m'offres quelque chose" seraient plus honnêtes, mais la saint-Valentin n'est pas une fête honnête.
Alors comment apprécier cette journée tout en restant en paix avec soi-même en tant qu'être humain empli de haine, d'intolérance, de frustrations et de rancœur?
J'ai la solution.
Puisque les fleuristes, parfumeurs et autres boutiquiers en fine lingerie ont créé tels Dr Frankenstein cette abomination rose bonbon appelée "St-Valentin", je propose, en justicier qui se respecte, d'équilibrer la balance. Je demande aux vendeurs de battes de base-ball, de comédies musicales et de poudre à gratter, entre autres, de donner naissance une "anti Saint-Valentin", que je propose de placer, au hasard, le jour de la Saint-Adolphe, la Saint-Bénito ou la Saint-Brice (vivons avec notre temps).
Vingt-quatre heures durant, nous aurions toute latitude pour déclarer à l'être honni (ou aux êtres honnis car il ne saurait y en avoir qu'un seul) à quel point on le déteste. Ce sera l'occasion d'offrir à votre voisin du dessus, à votre supérieur hiérarchique, à votre policier municipal favori, à la vile succube qui a épousé votre ami ou encore à votre professeur de physique du lycée à qui vous n'avez jamais pardonné d'être un sale con des cadeaux appropriés tels que seau de verre pilé, tatane dans ta gueule, abonnement à Closer, poster dédicacé de JP Pernaut, ou encore un joli petit nid de mygales dans la salle de bain (ça aime l'humidité ces bestioles).
Bien sûr, il n'est pas exclu qu'à l'occasion vous receviez vous-même ce genre de petites attentions qui nous fait nous rendre compte à quel point l'on compte pour l'être honni.

Une journée de rêve en perspective, mais n’oubliez pas qu’à ce jeu-là, vous ne pouvez pas être le plus fort : certains – et pas forcément parmi les plus intelligents - disposent en guise de présent imparfait de la force de frappe nucléaire…

Z.


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Jeudi 16 octobre 2008
... cela ne me regarde pas, disait grand Georges, dans une époque où l'on pouvait dire ce genre de choses...
Des Tunisiens (ou  des Français d'origine tunisienne, rappelons-le), un peu crétins, ont sifflé la grande fière et belle Marseillaise mardi soir au stade de France. D'accord, c'est con, mais nous sommes nombreux à être bien placés, en tant qu'amateur de football, pour savoir qu'il est illusoire d'attendre de l'intelligence fleurir dans les tribunes de supporters...
D'accord, c'est con, et c'est de la provoc' peu pertinente, un genre de "La France met un facho et demi au 2e tour en 2002, croit utile de  nommer un ministre de l'immigration (c'est vrai, tous nos problèmes viennent de là, non? En tout cas, moi je viens de là...) aux objectifs chiffrés,etc. Si c'est comme ça qu'on nous accueille, et bien nous sifflons l'hymne national".
D'accord c'est con, voire même un peu raciste leurs parts aussi, et Dieu (quelqu'un le connait?) sait que j'ai un sacré problème avec les racistes, quelles que soient leurs couleurs de peau, d'yeux, de t-shirts...
Mais quand même, les réactions disproportionnées me laissent à penser que ce sont surtout nous que l'on prend pour des cons dans cette histoire. Toujours un ministre-candidat-président (rayez les mentions inutiles) dès qu'une équipe nationale de foot ou de rugby montre le bout de son maillot, et là, alors qu'il y avait fort à parier que Rouget de L'Isle provoquerait du larsen, personne dans la tribune officielle.
Et le lendemain, lancement d'un nouveau jeu, difficile : "Tentons ensemble d'oublier la crise avec des subterfuges démagos". Et vlan, concours de conneries, les supporters tunisiens ont commencé, pourquoi pas nous? Voila qu'il va falloir évacuer 80000 personnes du stade quand X (chiffre indéterminé) petits abrutis ont crié hoooouuuuu quand Lââm ("Ouuuuuh!") chantait, moins bien que Gainsbourg, "Aux armes" et le reste... Ca va être sympa 80000 supporters de foot relâchés dans la nature sauvage de la Seine-St-Denis, ça fera du boulot aux hôpitaux, probablement, et aux assureurs, sûrement.
Laporte-Bachelot 1 - Supporters tunisiens 1. Match nul balle au centre.
Et puis tiens, doué comme je suis en la matière, je vais pas laisser passer un match de la connerie sans tenter d'y marquer un but ou deux.
Et si on abandonnait l'esprit de clocher en arrêtant ces hymnes nationaux avant les matchs? J'ai jamais vu de chansons de Nux Vomica et d'Alan Stivell avant un Rennes-Nice... Et puis imaginez les sifflets si les villes de Paris et Marseille (exemples totalement pris au hasard) avaient leurs hymnes avant chaque match...
Je ne vois pas, j'ai beau cherché, comment mettre un terme à la bêtise humaine. Du coup, il faut mettre un terme soit aux hymnes nationaux, ou alors interdire le football. Pas mal non plus.
De toute façon, j'ai jamais pu blairer cette Marseillaise. Je ne l'ai jamais sifflé, sûrement car je la méprise trop. Ne serait-il pas temps, à l'heure de l'ONU, de L'union européenne, de la mondialisation, de chanter les louanges de la paix entre les peuples? Ou au moins, pour boucler la boucle et cet article à la con, reprendre Brassens :

"C'est vrai qu'ils sont plaisants tous ces petits villages
Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités
Avec leurs châteaux forts, leurs églises, leurs plages
Ils n'ont qu'un seul point faible et c'est être habités
Et c'est être habités par des gens qui regardent
Le reste avec mépris du haut de leurs remparts
La race des chauvins, des porteurs de cocardes
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part"

Z.
(Merci de ne pas me balancer au
parquet de Bobigny, qui a ouvert hier une enquête préliminaire pour "outrages à l'hymne national". Je me demande dans quel régime on se trouve, où l'on n'a pas le droit d' "outrager" l'hymne national...)

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Dimanche 5 octobre 2008
Pause émotion durant un magnifique voyage dans la belle Amsterdam. La "maison d'Anne Frank" est l'objet d'un pélerinage abondant, et il convient de choisir les bons créneaux pour éviter la foule impatiente, braillarde voire irrespectueuse. Il n'y a que peu de monde quand nous pénétrons les lieux, mais quand même trop. Des Allemands et des Espagnols pérorant plus que de raison perturbent le voyage dans le sombre temps, mais allez on y arrive quand même.
On se voit bien en 1942, il n'y a pas si longtemps que ça, dans une Europe moderne, civilisée, où les règles de la démocratie sont bien connues, ce qui ne les empêche pas d'être piétinées par des sales bottes vert-de-gris. Dans ces mornes jours, la nature humaine se montre sous son vrai jour, les héros sont rares, les lâches courent les rues, les opportunistes se sentent plus allemand que jamais. Difficile de juger cependant, quand les mitraillettes font régner la terreur...
Dans cette lumineuse capitale des pays-bas, Anne et sa soeur Margot voient s'assombrir leurs destins, pour la seule raison qu'elles sont juives et qu'on n'aime pas les juifs. La famille a fui Francfort et les Nazis en 1933. En 1942 elles doivent abandonner les balades en vélo, les sorties au vondelpark, le patinage sur les canaux gelés, toute lumière du jour est proscrite, dangereuse comme l'acide qui brûlerait une carapace sous laquelle brille une étoile de David. Dans des cachettes étroites, derrière des fenêtres closes de jour comme de nuit, Anne Frank et sa soeur, ses parents, des connaissances devaient vivre comme des blattes, à la blême lueurs de bougies vacillantes.
Là, il lui reste des livres pour seules évasions, et son journal pour seul confident.
Là elle sera tout de même dénoncée après de mois de clandestinité morbide, et connaitra comme sa soeur et sa mère une fin atroce dans les camps, à Bergen-Belsen après être passé par le terrifiant Auschwitz (j'y reviendrai). Quelques semaines avant la libération des camps, Anne est terrassée par le typhus.
Sur les huit personnes qui ont survécu là, dans la noirceur, une seule reviendra des camps. Otto Frank, le père, a perdu sa femme et ses deux filles. Il osera revenir dans cette cachette quelques années après, et un photographe saura saisir son regard, où règnent encore une sourde incompréhension et une tristesse terrible. Qu'avait-on à gagner des morts de sa femme et de ses filles? Froid dans le dos.
La chambre d'Anne Frank est encore constellée de photos de magazines découpées, des acteurs et actrices de l'époque que la jeune fille appréciait, un comportement adolescent typique, comme la rédaction d'un journal. Un comportement "banal" qui ne rend que plus fort, plus intense, plus injuste le drame extraordinaire vécu à l'époque.

Les lâches assassins qui ont donné à la police amstellodamoise la famille Frank n'ont jamais été identifiés. En ces temps où la délation anonyme revient à la mode, et que certaines sombres âmes au pouvoir rêveraient de reinstituer les corbeaux, ma haine est immense, quand je me dis que ceux-là ont peut-être fini leurs vies peinards, tranquilles, peut-être juste ici le long du Prinsengracht.
Il y a des places dans les camps d'extermination qui se perdent...
Z.

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Mardi 27 mai 2008


Vidéo réalisée avec beaucoup de talent et un appareil photo dans un studio parisien d'une vingtaine de mètre carrés. Le génie naît parfois de l'ennui : là c'était un jour de pluie (pléonasme, c'est Paris...), et nos deux co-réalisateurs et acteurs cherchaient à s'occuper : king-fou est né!
Z.

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Dimanche 25 mai 2008
Françaises Français, Belges belges, internautes internattes, googler égaré, scatophile perdu, mon président mon chien, monsieur l'avocat le plus bas d'Inter, mesdames et messieurs messieurs les soi-disant jurés, public chéri mon amour,
Bonjour ma colère, salue ma hargne et mon courroux, coucou!
Comment ne pas commencer ce réquisitoire sans une minute de silence, à la mémoire de ce trublion tourbillon d'humour acerbe et à Croates, dont les piques quasi punk à l'époque égratignaient avec autant de pertinence les plus grands de ce monde - surtout ceux dont les noms s'achevaient en "iste", socialistes, communistes, humoristes, fascistes, dentistes, etc - comme les plus ingrates raclures de bidets qui peuplaient déjà ce bas-monde. Comment ne pas se taire une minute?
Bah en continuant à parler. Ce que je m'empresse de faire, Dieu me tripote, merci mon dieu, sous vos yeux ébahis.
L'accusé Desproges est coupable. L'abus de mots de quatre syllabes inaccessibles au footballeur moyen dont les mi-temps interminables font d'eux de piètres minables-intermittents lui fut finalement fatal. Même si les tristes sires de la médecine, plus occupé à vendre des cachets et à ainsi augmenter le leur qu'à soigner de pauvres erres en souffrance, ou au moins à abréger celles-ci à défaut de n'être doué à la chasse au crabe, ont évoqué un banal cancer, les connaisseurs savent bien que cet homme ne pouvait être ainsi occis.
Des études scientifiques ont démontré que l'abus de riche vocabulaire, lâché certes nonchalamment mais de manière fort talentueuse avec un débit de mitraillettes (les seuls armes qu'il eut jamais accepté fussent celles qui sortaient des dictionnaires, ces gros livres qu'aujourd'hui les adolescents téléphages abrutis n'ouvrent plus que pour voir si on y trouve les mots "bites" "couilles" et "nichons", alors que chacun sait qu'ils y sont, tout comme cucurbitacés ou hydrocéphales) réduisait d'autant la durée de vie. Des études scientifiques je vous dis, qui expliquent pourquoi Desproges, Rimbaud, Brel ou Brassens n'auront jamais connu les joies d'être sexagénaire alors que nos amis politiciens finissent en vaillants sénateurs nonagénaires, pillant jusqu'aux pissenlits les ors de la cinquième République elle-même vacillante quinquagénaire, ne rechignant pas à l'inutilité la plus absolue, plus encore que les députés, ministres, teintures pour chiens ou sextoys pour frigides.
Dans des phrases dithyrambiques et interminables dont la retranscription à l'écrit les rend aujourd'hui inaccessibles à l'internaute moyen, qui tomberait à leur lecture au champ du déshonneur de la recherche basique du sujet - verbe - complément, seule formule accessible à l'encarté UMP, l'accusé a traîné dans la boue radiophonique des dizaines de pauvres erres tout à fait innocents et qui se demandent encore aujourd'hui ce qui a bien pu leur valoir ces flots abject d'ignominies à la syntaxe domptée, voire domestiquée, mais pullulant d'odieux clabaudages, d'outrancières circonvolutions voire de grivoiseries obscènes qui aujourd'hui encore, plus de vingt ans après les faits, salissent encore la mémoire de saints (ils sont pas morts, eux? Ah merde)  tels que Jacques Séguéla, Jean-Marie Le Pen, Dorothée, Poivre d'Arvor ou Jean D'Ormesson.
Qui plus est, qui plus est, notre accusé a eu l'indécence de mourir à même pas cinquante ans, alors qu'il aurait dû nous éclabousser encore de sa verve, avec un v comme dans "Viens m'emplir profondément l'esprit de ta grosse verve turgescente", encore quelques décennies. Au lieu de cela, monsieur se bidonne dans les allées du père Lachaise aux côtés des Molière, Balzac, La Fontaine, Baudelaire, Courteline, Colette, Proust, Eluard, Musset ou Oscar Wilde, excusez du peu. Il y a là aussi une belle ribambelle de politiques mais ce ne sont pas ses meilleurs amis. Quant à Jim Morrison, personne ne comprend ce qu'il fout là, pas même lui-même qui cherche à longueur de journée à "s'évader, à passer de l'autre côté".
Il se bidonne d'autant plus, le Desproges, quand il s'aperçoit que, depuis vingt ans que monsieur Cyclopède nous a quittés, la "haine ordinaire" n'a de cesse que d'être chaque jour plus édulcorée. Timsit a subi un procès pour une blague sur les trisomiques, idem pour Dieudonné qui a balancé joyeusement sur les extrémistes juifs, qui méritaient pourtant au moins bien ça. Qui aujourd'hui pourrait sortir les vacheries desprogiennes sur les juifs, les arabes, les cathos, les noirs, les blancs, les jaunes, les homos, etc. sans l'enrober de mille précautions sémantiques, sans risquer une mise au pilori médiatique, un procès une fatwa, sans engager sa carrière? L'accusé se marre dans son cimetière, en voyant qu'il nous reste Laurent Gerra ("Tabernacle! J'suis votre amie Céline et j'va vous raconter l'histoire de Couillu le caribou", hilarant) et Jean-Marie Bigard ("chatte, bite, couilles, poils, j'ose le dire. J'suis pote avec Sarko, il m'a emmené rencontrer le pape ; non, ça c'était pas une blague, pourquoi vous riez?", désopilant).
Alors oui mesdames et messieurs les jurés, Desproges est coupable, coupable d'être mort il y a vingt ans, et je propose qu'il soit de ce fait condamné à ressuciter, ce qui à l'heure de Sarkozy, Carla, Ségolène, Houellebecq, Star Académy, le règne liberticide du politiquement correct et Qui veut gagner des millions serait pour lui la plus terrible des peines, celle que beaucoup d'entre nous avons tant de mal à supporter aujourd'hui. Surtout sans lui.
Z.

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